Et si, pour changer, vous arrêtiez d’ajouter des choses ?
PNL 5.0 · 7 min de lecture · Par Karim Turki

Et si, pour changer, vous arrêtiez d’ajouter des choses ?

Nous avons une manière assez particulière d’imaginer le changement. Quelque chose ne va pas ? Ajoutons quelque chose.

Une nouvelle compétence. Une nouvelle habitude. Un nouvel objectif. Une meilleure croyance. Une méthode. Une routine matinale. Un carnet. Une application pour nous rappeler d’utiliser le carnet. Puis éventuellement une seconde application pour mesurer si la première améliore réellement notre vie.

L’amélioration personnelle possède une logique assez simple :

si vous n’êtes pas encore là où vous voulez être, c’est probablement qu’il vous manque quelque chose.

Il faut donc trouver quoi. Puis l’ajouter. C’est parfois exactement ce dont nous avons besoin. Mais une autre possibilité mérite peut-être d’être examinée. Et si certaines difficultés ne venaient pas de ce qui nous manque ? Et si elles venaient aussi de tout ce que nous transportons déjà ?

Nous sommes devenus très doués pour ajouter

Vous manquez de confiance ? Construisez-en davantage.

Vous êtes désorganisé ? Apprenez une nouvelle méthode.

Vous manquez de motivation ? Fixez-vous un meilleur objectif.

Vous êtes stressé ? Ajoutez une pratique de relaxation à votre agenda.

Vous trouvez votre vie trop chargée ? Excellente nouvelle. Nous allons ajouter une routine quotidienne pour apprendre à moins la charger.

Il y a quelque chose de presque fascinant dans cette logique. Même la simplification peut devenir une tâche supplémentaire.

Et encore une fois, beaucoup de ces choses fonctionnent. Une compétence peut transformer une situation. Un objectif peut orienter l’action. Une nouvelle manière de penser peut ouvrir une possibilité. Le problème n’est donc pas l’ajout.

Le problème apparaît peut-être lorsque ajouter devient notre seule manière d’imaginer le changement.

Et si le système était simplement trop chargé ?

Imaginez votre ordinateur. Il fonctionne très bien. Puis vous ouvrez une application. Puis une autre. Puis douze onglets. Un document. Une visioconférence. Trois fichiers que vous ne savez plus pourquoi vous avez ouverts. Quelque part, une vidéo continue probablement de jouer. L’ordinateur ralentit.

Quelle solution choisissez-vous ? Installer un nouveau logiciel pour améliorer ses performances ? Peut-être. Mais il existe une autre possibilité.

Fermer quelque chose.

Nous acceptons facilement cette logique pour une machine. Beaucoup moins pour nous-mêmes. Nous pouvons porter simultanément ce que nous devons faire, ce que nous aurions dû faire, ce que les autres attendent de nous, ce que nous attendons de nous-mêmes, la conversation d’hier, celle de demain, un objectif, trois inquiétudes, une vieille phrase sur ce que nous sommes… et l’idée persistante que nous devrions encore nous améliorer.

Puis nous nous demandons pourquoi nous manquons parfois de disponibilité. Peut-être qu’il ne manque rien. Peut-être que, pendant un moment au moins, il y a simplement trop de choses ouvertes.

Certaines choses continuent longtemps après l’événement

Une enfant grandit dans une maison où il vaut mieux ne pas déranger. Personne ne le lui a jamais dit en ces termes. Mais elle apprend vite : les demandes fatiguent, les émotions dérangent, il est plus simple de se débrouiller. Une conclusion se forme, sans bruit :

« Je dois me débrouiller seule. »

Des années plus tard, elle dirige une équipe. Elle ne délègue presque rien. Elle travaille tard. Lorsqu’on lui propose de l’aide, elle répond, avec le sourire : « Ça ira, je vais le faire. » La maison est loin. Mais quelque chose a été conservé. Une conclusion. Une histoire. Et cette histoire continue d’intervenir dans des situations qui n’ont plus rien à voir avec la maison où elle est née.

Nous faisons cela avec beaucoup de choses.

« Je ne suis pas créatif. »

« Je fais toujours les mauvais choix. »

« On finit toujours par me décevoir. »

« Je dois tout contrôler. »

Certaines de ces phrases ont peut-être été utiles. Certaines ont peut-être même été vraies dans un contexte précis. La question n’est pas de savoir si elles sont bonnes ou mauvaises. Elle est plus simple :

sont-elles encore nécessaires maintenant ?

Essayez

Essayez de ne rien améliorer

Faisons une expérience. Choisissez un problème qui vous occupe actuellement. Pas le plus grave. Un problème ordinaire. Une décision. Une relation. Une difficulté professionnelle. Quelque chose que vous aimeriez changer.

Normalement, votre esprit sait quoi faire. Il cherche une solution. Il compare. Il explique. Il anticipe. Il se souvient. Il construit. Cette fois, pendant quelques secondes, ne faites rien de tout cela.

Ne cherchez pas une meilleure pensée. Ne remplacez pas une croyance par une autre. Ne vous demandez pas ce que vous devriez faire. Ne cherchez même pas à comprendre.

Laissez simplement la question être là.

Puis remarquez vos pieds. Un son. Votre respiration. Ce que vous voyez réellement autour de vous.

Et pendant quelques secondes seulement, laissez l’histoire concernant le problème tranquille. Pas le problème. L’histoire.

…

Que reste-t-il ?

Retirer n’est pas supprimer

Il faut être précis ici. Nous ne sommes pas en train de dire que votre histoire est fausse. Ni qu’il faudrait oublier votre passé. Ni que les problèmes disparaissent lorsqu’on cesse d’y penser. Une facture reste une facture. Une décision reste à prendre. Une conversation difficile peut réellement être nécessaire.

Retirer momentanément une représentation ne signifie pas nier la réalité. Cela signifie simplement suspendre, pendant quelques secondes, ce que nous ajoutons à ce qui est là.

Il existe une manière simple de rendre à une interprétation son statut d’interprétation : la faire précéder de « je pense que ». Nous pouvons aller un peu plus loin. Pendant quelques secondes : ne pas remplacer la carte. Ne pas l’améliorer. Ne pas en dessiner une nouvelle. Simplement la poser.

Le territoire ne disparaît pas.

Ce qui reste

Revenez à votre respiration. Pas pour mieux respirer. Simplement pour constater qu’elle est là.

Remarquez votre corps. Le contact avec le sol. Un son. La lumière.

Vous êtes peut-être toujours préoccupé. La situation existe toujours. Votre passé n’a pas été effacé. Votre personnalité n’a pas mystérieusement disparu. Et pourtant, pendant un instant, vous n’êtes pas obligé de raconter tout cela. Vous n’avez pas besoin de produire une explication sur vous-même. Ni une conclusion. Ni un projet d’amélioration.

Il y a simplement ce qui est vu, ce qui est entendu, ce qui est senti, ce qui se passe. Et peut-être une pensée. Si elle apparaît, elle apparaît. Une pensée n’est pas le problème. Il n’est même pas nécessaire de la chasser. Vous pouvez simplement ne pas la poursuivre. Puis une autre. Puis peut-être quelques secondes pendant lesquelles rien ne demande à être expliqué.

Ce n’est pas spectaculaire. C’est même profondément ordinaire. Mais quelque chose devient perceptible lorsque nous cessons momentanément d’ajouter.

Ce qui était déjà là.

Nous avons peut-être confondu changement et remplacement

Une grande partie du travail sur soi consiste à remplacer. Une pensée limitante par une pensée plus utile. Une mauvaise habitude par une meilleure. Un comportement inefficace par un autre. Une représentation par une représentation plus adaptée. Et cela peut être extrêmement efficace.

Mais regardons ce que nous faisons. Nous travaillons encore avec ce qui a été construit. Nous réorganisons les meubles. Nous en remplaçons certains. Nous en achetons de meilleurs. Parfois, c’est exactement ce qu’il faut faire. Mais il existe peut-être une autre question. Avant de décider quels meubles changer…

que se passe-t-il lorsque, pendant un instant, nous cessons de nous occuper des meubles ?

La pièce est toujours là.

Essayez

Pendant trente secondes, suspendez la tâche d’être vous

Essayez. Pendant trente secondes, suspendez le commentaire sur vous-même. Pas votre existence. Seulement le commentaire.

Pendant trente secondes, vous n’avez pas besoin d’être compétent, insuffisant, fort, fragile, réussi, en retard, important, décevant, en progrès, bloqué, ou sur le point de devenir une meilleure version de vous-même. Vous n’avez rien à prouver. Rien à corriger. Rien à expliquer.

Si une phrase apparaît (« Oui, mais moi je suis quelqu’un qui… »), laissez-la simplement passer. Vous pourrez la récupérer dans trente secondes. Elle ne devrait pas aller très loin.

Revenez au corps. Aux sons. À ce qui est devant vous.

Et ne cherchez pas quelque chose de particulier. C’est important. Parce que chercher quelque chose serait encore ajouter un objectif à l’expérience.

Pendant quelques secondes : rien à réussir.

…

Puis reprenez.

Il ne s’est peut-être rien passé

C’est possible. Pas de révélation. Pas de silence extraordinaire. Pas de sensation mystérieuse. Vous avez simplement passé quelques secondes sans poursuivre certaines représentations. C’est déjà intéressant.

Et si quelque chose de plus calme est apparu, inutile de le transformer immédiatement en objectif. Sinon, demain matin : « Aujourd’hui, je dois retrouver l’état d’hier. » Et nous aurons réussi à transformer trente secondes de simplicité en nouveau projet personnel.

Nous sommes très forts.

La Page Blanche

Il existe une image très simple pour cela. Prenez une feuille de papier. Une feuille blanche. Tant qu’elle est vide, presque tout peut encore y apparaître. Une phrase. Un dessin. Une équation. Une lettre. Une histoire.

Puis quelque chose est écrit. Et ce qui est écrit commence à organiser ce qui pourra suivre. Une phrase appelle une autre phrase. Une histoire crée ses personnages. Un début rend certaines suites plus probables que d’autres. Au bout de plusieurs pages, l’espace des possibles n’est plus le même.

Notre expérience ressemble parfois à cela. Un événement. Puis une interprétation. Puis une phrase. Puis une histoire. Puis : « Je suis comme ça. » À force d’écriture, nous pouvons finir par oublier quelque chose de très simple.

La page était là avant l’histoire.

Et elle n’a pas besoin que l’histoire soit mauvaise pour exister. Elle était simplement là avant elle.

Il ne s’agit pas de redevenir blanc

Il ne s’agit pas d’effacer notre vie. Nos souvenirs. Nos apprentissages. Nos compétences. Nos relations. Nos histoires. Nous en avons besoin. La question est simplement de savoir si elles doivent occuper tout l’espace, tout le temps.

Une histoire peut être importante sans être présente à chaque seconde. Une identité peut être utile sans devoir commenter chaque expérience. Une carte peut être précieuse sans devenir le territoire. Et peut-être qu’avant de chercher une nouvelle manière de nous raconter, il existe parfois quelque chose de plus simple à faire.

Poser momentanément le récit. Puis regarder.

Avant d’ajouter

Il serait assez naturel, à ce stade, de chercher une nouvelle méthode. Une meilleure carte. Une nouvelle compétence. Quelque chose à ajouter. Peut-être. Mais essayons d’abord l’autre direction. Pas pour toujours. Quelques secondes suffisent.

Avant de chercher ce qui vous manque, regardez ce qui reste lorsque vous cessez momentanément d’ajouter.

Il est possible que vous ne trouviez rien de spectaculaire. Une respiration. Un corps. Quelques sons. Le monde. Une page blanche.

Et, pour quelques secondes au moins, aucune obligation d’écrire dessus.

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NLP Academy · Accrédité Society of NLP · Fondé en 2004

Karim Turki — Maître Enseignant PNL
Karim Turki Maître Enseignant certifié en PNL — Society of NLP (Santa Cruz, Californie, 2003)

Fondateur de NLP Academy (2004), Maître Praticien en Hypnose Ericksonienne, superviseur de coachs (CSA). Plus de 700 jours de formation PNL animés pour des organisations telles que l'ONU, l'UNICEF, la Banque Centrale de Tunisie, Total et Schneider Electric.

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