Qui dirige votre attention ? Une petite expérience légèrement embarrassante
PNL 5.0 · 7 min de lecture · Par Karim Turki

Qui dirige votre attention ? Une petite expérience légèrement embarrassante

Lorsque votre attention se déplace d’une chose à une autre…

qui décide ?

La réponse paraît évidente. Vous. Très bien. Nous allons vérifier. Et il est possible que l’expérience soit légèrement embarrassante.

Essayez

Ne pensez surtout pas à ceci

Pendant les prochaines secondes, ne pensez pas à un éléphant rose. Pas même brièvement.

Ne vérifiez pas non plus si vous êtes en train d’y penser. Parce que pour vérifier que vous n’y pensez pas, vous risqueriez malheureusement de devoir…

Très bien. Nous avons un problème. Vous saviez exactement ce que vous vouliez faire. La consigne était claire : ne pas penser à un éléphant rose. Et pourtant, il a probablement fait une apparition. Parfois très brève. Mais suffisante pour ruiner l’expérience.

Essayons autre chose.

Ne pensez pas à votre téléphone. Surtout pas à l’endroit où il se trouve. Ni à l’éventualité qu’un message soit arrivé depuis que vous avez commencé cet article.

Et ne vérifiez évidemment pas.

…

Je vous laisse une seconde.

Ce qui vient de se passer est assez intéressant. Entre votre intention et votre attention, il existe manifestement une relation un peu moins hiérarchique que nous aimerions le croire. Vous pouvez décider de porter votre attention quelque part. Mais vous pouvez aussi découvrir qu’elle vient de partir ailleurs.

Sans avoir demandé votre avis.

Votre attention a ses propres priorités

Imaginez que vous soyez dans un café. Il y a plusieurs conversations autour de vous. Des tasses. Des chaises. Une machine à café qui considère manifestement que préparer un espresso nécessite le niveau sonore d’un petit chantier naval. Vous ne prêtez pas particulièrement attention à tout cela.

Puis, à quelques mètres, quelqu’un prononce votre prénom. Votre attention se déplace. Immédiatement. Vous n’avez pas décidé :

« Parmi l’ensemble des informations auditives actuellement disponibles, je vais maintenant sélectionner ce stimulus particulier. »

Vous avez simplement entendu votre prénom. Quelque chose a été sélectionné.

Même chose avec une notification. Vous travaillez. Vous êtes concentré. Un petit son. Votre attention est déjà partie avant que vous ayez décidé si le message mérite d’être lu. Même chose avec une inquiétude. Vous êtes en train de dîner. Tout va bien. Puis une pensée apparaît : « Et si demain… » Vous voilà parti.

Un bruit. Une odeur. Un visage. Une douleur. Un souvenir. Un désir. Une idée particulièrement séduisante qui choisit évidemment d’apparaître au moment précis où vous aviez décidé de faire autre chose.

Notre attention peut être orientée. Mais elle peut aussi être capturée.

Dehors ou dedans, le résultat peut être le même

Certaines captures viennent de l’extérieur : une notification, votre prénom, une porte qui claque, quelqu’un qui entre dans la pièce. D’autres viennent de l’intérieur : un souvenir, une inquiétude, une image, une sensation. Le début d’une chanson que votre esprit a décidé de diffuser en boucle sans avoir acquis les droits nécessaires.

Dans les deux cas, le résultat peut être le même. Votre attention était quelque part. Puis elle est ailleurs.

Vous ouvrez votre téléphone pour regarder l’heure. Quelques minutes plus tard, vous êtes en train de lire quelque chose que vous n’aviez aucune intention de lire. L’heure, elle, a parfaitement rempli sa mission : elle a continué à passer.

Ou vous êtes en train de travailler. Une pensée concernant un problème apparaît. Une association en entraîne une autre. Puis une autre. Et soudain :

« Qu’est-ce que j’étais en train de faire ? »

Ce mouvement, nous le connaissons tous. Mais cette fois, regardons précisément le moment où quelque chose prend notre attention.

Ce qui capture n’a pas besoin de permission

Nous aimons penser que notre attention obéit à nos décisions. Et c’est parfois vrai. Vous pouvez choisir de lire cette phrase. Écouter quelqu’un. Observer votre respiration. Chercher vos clés. Mais ce qui est soudain, nouveau, inquiétant, désirable ou personnellement important possède aussi une capacité certaine à se présenter sans rendez-vous.

Et heureusement. Si quelque chose tombe derrière vous, il vaut mieux que votre attention puisse se déplacer avant qu’un comité ait étudié la question. Si quelqu’un appelle votre nom, il peut être pertinent de l’entendre. Si votre corps signale une douleur, l’ignorer systématiquement ne constitue probablement pas une stratégie d’avenir.

La capture de l’attention n’est donc pas un défaut. Elle a une fonction. Comme pour la pensée, le problème commence ailleurs :

lorsque quelque chose capture notre attention, savons-nous toujours que la capture a eu lieu ?

Essayez

Essayez de surprendre votre attention

Faisons une expérience un peu différente.

Pendant quelques secondes, choisissez quelque chose devant vous. Un objet. Un point sur le mur. Une ligne de texte. Regardez-le.

Puis attendez. Ne cherchez pas à être parfaitement concentré. Au contraire. Voyez ce qui arrive.

Un son peut apparaître. Une pensée. Une sensation. Une envie. Votre attention peut se déplacer.

Et lorsque vous vous en apercevez, ne revenez pas immédiatement. Restez une seconde avec quelque chose de plus intéressant :

le fait que vous venez de remarquer le déplacement.

Une seconde auparavant, votre attention était engagée ailleurs. Puis vous le savez. Quelque chose a changé. Le son n’a peut-être pas disparu. La pensée non plus. L’envie de vérifier votre téléphone est peut-être toujours là. Mais vous savez maintenant qu’elle est là. Et cette différence minuscule modifie déjà la situation.

Une seconde très étrange

Prenons une inquiétude. Elle apparaît. Vous commencez à la suivre. Une possibilité. Puis une autre. Vous êtes absorbé. Pendant un moment, il n’y a pratiquement plus que le problème. Puis :

« Ah. Je suis encore en train d’y penser. »

Arrêtons-nous exactement là. Pas après. Pas lorsque vous avez décidé de revenir. À cet instant précis.

L’inquiétude existe encore. La pensée existe encore. Peut-être même l’émotion. Mais vous venez de remarquer que votre attention était capturée. Et à partir de cet instant, plusieurs possibilités apparaissent. Continuer à réfléchir. Revenir à ce que vous faisiez. Examiner si le problème demande réellement une action. Décider de vous en occuper plus tard.

Avant ce moment, vous suiviez. Après ce moment, vous pouvez encore suivre. Mais ce n’est plus exactement la même chose. Parce que désormais,

vous savez que vous suivez.

Celui qui remarque

Nous pourrions chercher immédiatement à expliquer ce phénomène. Ce serait tentant. Nous pourrions lui donner un nom. Construire une théorie. Dessiner quelque chose avec des flèches. Les flèches sont toujours rassurantes.

Mais pour l’instant, restons avec l’expérience. Une pensée apparaît. Elle capture votre attention. Puis vous remarquez la capture. C’est tout. Nous n’avons pas besoin d’en dire davantage.

Parce qu’une conséquence est déjà observable. Au moment où vous remarquez que votre attention a été capturée, vous n’êtes plus exactement dans la même relation avec ce qui la capturait. La pensée peut toujours être là. La notification peut toujours attendre. L’inquiétude peut toujours sembler importante. Mais quelque chose a changé. Vous pouvez maintenant voir ce qui, une seconde auparavant, occupait presque tout le champ.

Celui qui remarque la capture n’est déjà plus entièrement capturé.

Reprendre le pilotage ne veut pas dire tout contrôler

Il serait facile d’en tirer une conclusion un peu excessive : « Très bien. À partir de maintenant, je vais diriger mon attention en permanence. » Bonne chance.

Votre attention continuera d’être attirée. Par un bruit. Une personne. Une pensée. Un souvenir. Une inquiétude. Heureusement. La question n’est pas de devenir impossible à distraire. Elle est de retrouver suffisamment tôt la possibilité de choisir ce qui se passe ensuite.

Une notification apparaît. Vous la remarquez. Vous pouvez l’ouvrir. Ou pas.

Une inquiétude apparaît. Vous la remarquez. Vous pouvez réfléchir. Ou revenir à ce que vous faisiez.

Une idée apparaît pendant une conversation. Vous la remarquez. Vous pouvez la suivre. Ou continuer à écouter.

Le pilotage n’est donc pas nécessairement la capacité de décider de tout ce qui entre dans notre attention. C’est peut-être plus modestement la capacité à retrouver un choix après qu’une capture a eu lieu.

Essayez

Quelques secondes de liberté

Essayez une dernière chose. Pensez à quelque chose qui vous préoccupe légèrement. Pas votre plus grand problème : nous ne sommes pas obligés de transformer chaque article en épreuve initiatique. Quelque chose de simple. Une tâche en retard. Une conversation. Une décision.

Laissez la pensée apparaître. Suivez-la quelques secondes. Puis remarquez :

« Je suis en train de penser à cela. »

Ne chassez pas la pensée. Ne cherchez pas à vous calmer. Ne la remplacez pas par une pensée plus positive. Remarquez-la simplement.

Puis sentez vos pieds. Écoutez un son. Regardez quelque chose devant vous.

Et maintenant, décidez. Voulez-vous continuer à réfléchir à cette question ? Si oui, faites-le. Volontairement. Sinon, revenez à ce que vous étiez en train de faire.

Ce qui compte ici n’est pas la décision.

C’est le petit intervalle dans lequel une décision est redevenue possible.

Votre attention ne vous obéit peut-être pas autant que vous le pensez

Nous parlons volontiers de notre attention. Comme si le possessif suffisait à établir l’autorité. Mais une grande partie de notre journée consiste peut-être en négociations silencieuses entre ce que nous avions décidé de faire et ce qui réclame notre attention. Le monde réclame. Notre corps réclame. Nos souvenirs réclament. Nos inquiétudes réclament. Nos écrans ont, sur ce point, développé une certaine expertise.

Nous ne choisissons pas nécessairement chaque apparition. Nous ne choisissons pas toujours la première seconde de capture. Mais il existe parfois un moment où la capture devient perceptible. Et ce moment change la nature de ce qui suit.

Une attention capturée que nous ne remarquons pas nous emmène simplement avec elle. Une attention capturée que nous remarquons peut encore nous emmener.

Mais cette fois, nous savons que nous la suivons.

La différence semble minuscule. Elle ne l’est peut-être pas. À cet instant, la capture n’a pas nécessairement cessé. La pensée est toujours là. Le désir aussi. L’inquiétude peut-être. Mais une possibilité est réapparue.

Et si vous voulez faire une dernière expérience, elle ne demande ni exercice ni minute supplémentaire. Continuez simplement votre journée. Votre attention sera capturée. Probablement assez vite. Cette fois, ne vous intéressez pas d’abord à ce qui l’a capturée.

Remarquez simplement le moment où vous savez qu’elle l’a été.

Un des neuf articles de NLP Academy sur l'attention et l'expérience ordinaire. Voir tous les articles du blog →

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NLP Academy · Accrédité Society of NLP · Fondé en 2004

Karim Turki — Maître Enseignant PNL
Karim Turki Maître Enseignant certifié en PNL — Society of NLP (Santa Cruz, Californie, 2003)

Fondateur de NLP Academy (2004), Maître Praticien en Hypnose Ericksonienne, superviseur de coachs (CSA). Plus de 700 jours de formation PNL animés pour des organisations telles que l'ONU, l'UNICEF, la Banque Centrale de Tunisie, Total et Schneider Electric.

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